James Bond Franchise: what to Expect?

Woke, inclusif, américanisé : les studios Amazon MGM peuvent-ils tuer James Bond ?

Par Olivier Delcroix – Publié le 15 mars 2025 à 17h00, mis à jour le 16 mars 2025 à 12h26

ENQUÊTE – Depuis le 20 février, la multinationale américaine a pris le «contrôle créatif» sur le célèbre espion au service secret de Sa Majesté. À quelle sauce va-t-elle mitonner l’icône du septième art ? Cinq spécialistes de la pop culture livrent leur analyse.

« James Bond  will return » (« James Bond reviendra »). La formule emblématique claque comme un appel au rêve par anticipation. Elle orne le générique de fin de tous les films mettant en scène l’espion qu’on aimait depuis 1962. Pourtant, il s’en est fallu d’un cheveu que 007 ne passe l’arme à gauche.

Depuis la sortie de Mourir peut attendre, avec Daniel Craig (774 millions de bénéfices dans le monde), quatre ans se sont écoulées sans qu’aucun fait concret n’atteste du retour programmé de 007. L’attente est pourtant forte. En 2021, après avoir racheté la MGM pour 8,45 milliards de dollars, le géant Amazon croyait s’être offert la possibilité de remettre à l’écran le célèbre agent secret au service de Sa Majesté.

Que nenni ! Le tandem Barbara Broccoli et son demi-frère Michael G. Wilson, à la tête de la société Eon Productions depuis 1996, ont mené d’âpres négociations pour un 26film à venir. Les « bondophiles » ont commencé à s’inquiéter. « Entre Amazon et Barbara Broccoli s’est joué un combat idéologique, commente le spécialiste de cinéma Guillaume Evin. Pour Barbara Broccoli, James Bond est l’un des joyaux de la Couronne. La productrice ne voulait pas qu’il soit traité comme un vulgaire personnage de série télévisée»

Finalement, le 20 février dernier, la dernière digue a sauté. La fille d’Albert R. Broccoli, 64 ans, a cédé le « contrôle créatif de James Bond » aux Studios Amazon MGM pour 1 milliard de dollars. Comme l’affirme l’animateur et producteur de l’émission « Blockbuster » sur France Inter Frédérick Sigrist, « l’apothéose, pour un personnage de pop culture, c’est de ne plus appartenir à ses créateurs ». Voilà donc remis en selle ce « dinosaure sexiste et misogyne, une relique de la guerre froide », comme le dit M, la chef de 007, incarnée par Judi Dench dans Golden Eye en 1996.

« Pour moi, c’est quelque chose d’énorme, réplique Luc Le Clech, président de l’éminent Club James Bond France, coorganisateur…

Font: Le Figaro